Ce que je n'avais pas vu venir avec mes filles
J'espère que vous allez bien, en ce dimanche enfin plus frais!!

L'an dernier, à la même époque, je me préparais à vivre ce que j'appréhendais depuis longtemps : mes filles allaient partir, en même temps, et je voyais arriver ça comme une petite falaise.
J'avais même invité Béatrice Copper-Royer à la 1ère édition des Rencontres de la Pré/Ménopause, (une psychologue clinicienne spécialiste de l'empty nesting, qui a écrit un livre sur ce moment où les enfants s'en vont), parce que j'avais besoin qu'on m'aide à m'y préparer. Je vous l'avoue, rien que d'y penser, ça me rendait triste.
Et puis l'année est passée. Et il ne s'est pas du tout passé ce que j'avais imaginé.
Parce que voilà ce que personne ne m'avait dit : le nid ne se vide pas d'un coup, comme on ferme une porte. Il respire. Elles partent, et elles reviennent. Un week-end, des vacances, le temps d'un stage, un long moment à la maison. J'avais projeté un grand vide net, je vis quelque chose de beaucoup plus flou, et franchement de beaucoup plus vivant.
Sauf que ce retour, lui non plus, n'est pas si simple. Et c'est de ça que j'ai envie de vous parler aujourd'hui, parce que j'imagine que je ne suis pas la seule.
Quand elles reviennent, elles ne sont plus tout à fait des enfants. Elles se sentent adultes, et elles le sont, en partie. Mais moi, je ne suis plus la maman à tout faire, celle qui ramasse, qui anticipe, qui gère. Et entre les deux, il y a une zone que je suis en train d'explorer à tâtons, sans mode d'emploi. Le petit ami qui vient dormir à la maison, d'accord, de temps en temps, mais alors on prépare un dîner, on fait des courses, on participe. On ne peut pas avoir à la fois tous les avantages de l'enfant et tous ceux du jeune adulte. C'est ça que j'essaie de faire passer, doucement, maladroitement parfois.
Je ne vais pas vous mentir, je n'ai pas la réponse. Mais je sens qu'il faut poser un nouveau cadre. On cherche, on ajuste, on se trompe, on s'engueule. Il y a des soirs où je trouve le ton juste, et d'autres où je m'entends redevenir la mère qui range derrière tout le monde, et je me dis non, là, tu reprends un rôle dont tu essaies de sortir.
Ce que je comprends, et c'est presque ça le plus beau, c'est qu'entre ce que je redoutais (le nid vide, les enfants au loin, trois jours par an à se voir) et aujourd'hui, il y a en réalité plein d'étapes. Plein. Ce n'est pas un grand saut dans le vide, c'est un long dégradé, avec des allers-retours, des cadres à réinventer, des liens qui se transforment sans se rompre.
Une chose que Béatrice avait dite et qui m'est restée, c'est qu'on ne cesse jamais d'être parent. Ça ne s'arrête pas quand ils franchissent la porte, ça change de forme, voilà tout. On reste là, autrement.
Et elle avait insisté sur un point auquel je ne m'attendais pas, mais qui est tellement juste. À ce moment de la vie, il n'y a pas que la relation aux enfants qui se rééquilibre, il y a aussi le couple. Pendant des années, on a tout organisé autour des enfants, et tout d'un coup on se retrouve un peu plus en face à face. Autant que ce soit un chouette « tiens, c'est avec toi que je vais traverser la suite » plutôt qu'un « mince, c'est avec lui que je me retrouve ». C'est un autre équilibre à inventer, en même temps que celui avec les enfants. Comme si tout se reconfigurait d'un coup. Et ça tombe souvent dans nos années à nous, celles où le corps change aussi, où l'on se reprogramme de partout en même temps.
Alors si vous êtes là, vous aussi, dans cette zone floue où vos grands ne sont plus des petits mais pas encore vraiment partis, je voulais juste vous dire que :
1/ ça ne va pas être si radical
2/ c'est normal de tâtonner, qu'on n'est pas obligées d'avoir tout réglé. Et qu'au fond, ces étapes intermédiaires, c'est peut-être du temps en plus, pas du temps en moins.
Voilà, encore une fois, je veux bien savoir comment vous vivez cette période si c'est votre cas :-)
Un immense merci, aussi, à toutes celles qui ont déjà pris quelques minutes pour répondre au questionnaire des Rencontres, et à celles qui ont laissé un petit mot. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça m'aide, et à quel point ça me touche. Si vous ne l'avez pas encore fait et que l'envie vous vient, la porte reste ouverte, ici pour le questionnaire et là pour partager votre ressenti.
Love,
Olivia





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